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Un archéologue prospecteur prolifique | ||||||||||
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Ayant reçu une formation archéologique, c'est cet aspect de l'activité d'Ivan Pranishnikoff qui me semblait le plus intéressant. C'est aussi celui que je maîtrise le mieux et sur lequel je peux fournir le plus d'informations inédites. L'archéologie et la préhistoire au début du siècle. La Société Préhistorique Française. Les rares publications d'Ivan. La photographie, l'un de ses outils d'observation. Des clichés
devenus aujourd'hui de précieux témoignages.
L'archéologie et la préhistoire au début du siècle. Ivan Pranishnikoff s'est intéressé à
l'archéologie, et particulièrement à la préhistoire,
vers les années 1890-95.
Rapidement la nouvelle discipline archéologique s’était structurée. Les bases d'une chronologie préhistorique, appuyée par les nouvelles découvertes de sites dans les années 1860-1880, furent proposées par Gabriel de Mortillet en 1872. Cette chronologie ne sera remise en cause qu'au début du XXème siècle et les termes employés pour désigner les périodes sont encore utilisés de nos jours : Solutréen, Magdalénien, Moustérien, etc. La Société
Préhistorique Française.
Une anecdote rapporte que l'idée de créer la Société Préhistorique de France, afin de regrouper les amateurs de préhistoire, serait venue à quelques amis, Anfos Martin, instituteur à Bonnieux, Marc Deydier, notaire de Cucuron, Ivan Pranishnikoff, le docteur Paul Raymond et Albert Moirenc, agent voyer cantonal de Bonnieux, alors qu'ils fouillaient la Baume-des-Peyrards à Buoux (Vaucluse) durant l'été 1903 . A partir de 1905, la Société Préhistorique
de France créa les Congrès Préhistoriques de France.
Ceux-ci donnaient lieu à de nombreuses communications ainsi
qu'à des excursions dans la région où ils se déroulaient.
Ivan Pranishnikoff participa à toutes les sessions et toutes les
excursions jusqu'à sa mort. Il apparaît sur les clichés
où il pose en compagnie des autres congressistes lors des sessions
de Périgueux en 1905, Vannes en 1906, Autun en 1907, et Chambéry
en 1908 . Les rares publications d'Ivan. Ivan Pranishnikoff publia peu, par modestie semble-t-il. Comme nous allons le voir plus loin, c'est son activité de prospecteur qui est remarquable. En collaboration avec le docteur Paul Raymond, préhistorien parisien fouillant dans le Sud de la France, Ivan Pranishnikoff a publié dans le Bulletin de la Société Préhistorique Française, -"Les pierres à cupules et
à gravures préhistoriques du Castellet près d'Arles"
-"La divinité de la grotte des fées près d'Arles" Cet article présente une gravure située dans l’allée couverte de La Source qu’ils interprétaient comme la représentation d’une divinité funéraire néolithique. En 1907, dans cette même revue
Ivan Pranishnikoff publia un article sur
-"Contribution à l'étude des pétroglyphes en France", Une présentation de mégalithes ou pseudo-mégalithes du Var et du Gard dont un grand nombre est représenté dans ses albums photographiques. Ces quelques publications témoignent d'une interrogation concernant les gravures et les mégalithes néolithiques. C'est en se promenant dans les garrigues
languedociennes et provençales qu'Ivan Pranishnikoff réalisa
un travail plus intéressant encore que ses publications.
Son intérêt pour ces
sites semble être double.
Lorsqu'il en avait l'occasion, il
ramassait au sol du matériel archéologique, tessons, silex
etc... A l'aide d'une boussole, de sa canne et d'un niveau à bulle
il reportait sur les cartes d'Etat-Major les coordonnées géographiques
des sites.
La photographie, l'un de ses outils d'observation. Faire des photographies, dans les années 1895-1905 n'était plus un exploit technique. L'invention de la photographie date officiellement de 1839 et tout au long du XIXème siècle des inventeurs successifs améliorèrent les possibilités d'utilisation de la photographie. Les temps de poses diminuèrent, les optiques furent plus lumineuses et le matériel de prise de vue moins volumineux. Le procédé utilisé
par Ivan Pranishnikoff est appelé "gélatino-bromure d'argent".
Inventé en 1880, il révolutionna l'utilisation de la photographie.
En effet il permettait des temps de pose très courts, un matériel
de prise de vue transportable dans une mallette, que ce soient les chambres
photographiques à soufflet ou les "Brownies" de Kodack, petits appareils
photos qui auraient pu (presque) tenir dans une poche.
Les archéologues avaient
été parmi les premiers à bénéficier
des progrès de la photographie. Tous les ouvrages d'histoire de
la photographie évoquent les liens étroits entre la photographie
et l'archéologie dès le jour de son annonce officielle.
L'intérêt du procédé au gélatino-bromure
d'argent pour les archéologues comme Ivan Pranishnikoff et ses confrères
fut de leur permettre, comme pour les érudits d'autres discipline,
de produire un plus grand nombre d'images concernant leurs recherches.
Ils se les faisaient parvenir, par courrier ou par le biais des sociétés
auxquelles ils appartenaient.
La collection de clichés réalisée par Ivan Pranishnikoff intéressa particulièrement ses confrères par l'étendue géographique qu'elle couvrait, depuis l'Hérault jusqu'à la vallée de l'Argens dans le Var. Les thèmes de ses clichés étaient en majorité les oppida, mais également les habitats troglodytiques et les mégalithes. Un tel travail n'avait à l'époque jamais été réalisé et cela méritait et mérite encore aujourd'hui d'être signalé. Des clichés devenus aujourd'hui de précieux témoignages. Ses clichés intéressèrent donc au plus haut point ses confrères archéologues. Malheureusement pour ces derniers, après le décès d'Ivan Pranishnikoff (Avril 1909), les albums de photographies "disparurent". Lors du Congrès Préhistorique de Nîmes, en 1911, les organisateurs les cherchèrent en vain afin de les exposer. C'est pourtant à la lecture
d'une note signalant cette disparition :
La suite selon le bon vouloir des autorités compétentes ! |
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